LES PASSIONS DE MICHEL

LES PASSIONS  DE MICHEL

NORMANDIE 1994 (1)

NORMANDIE ET MANCHE / 19/20 FEVRIER 1994

 

Suite aux dernières prospections de Toussaint, cette sortie découverte s'est effectuée en 2 temps: découvertes de la région de TILLY /SEULES au sud de Caen et LA PERNELLE et MONTEBOURG dans la Manche.

 

Départ vers 6 h et A13 noyée de brouillard ; qqs cafouillages de moteur et arrivée à ST PIERRE, hameau de TILLY. Pause café et renseignements confirmés par la propriétaire du bar tabac; direction: la principale carrière près de La chapelle de la vierge .

La carrière exploitait le Charmouthien ( Domérien), argiles grises compactes avec qqs bancs de marne et de calcaire attribuables au Toarcien . Nous nous apercevons très vite que cette carrière profonde sert de dépotoir pour tout le secteur. Seuls les bancs calcaires supérieurs sont accessibles dans le petit bois qui borde la carrière au sud. En fait, la plupart de la faune a été récoltée dans des blocs verdis sous les branches et gravats divers ( Grammoceras, Pseudogrammoceras, Dactylioceras ), certaines calcifiées mais impossibles à dégager sans casse .Nous n'avons trouvé aucune Amaltheus dont cette carrière était le gisement type quand les bancs étaient accessibles.

 

Après une pause casse-croute sous un soleil magnifique, nous passons l'après-midi en prospections dans le secteur: vers le sud d'abord à FONTENAY (carrière décharge, blocs sans intéret) puis VENDES ( carrière non retrouvée) MONTS en BESSIN . Toutes ces carrières intéressaient les memes étages qu'à TILLY ; La dernière est envahie par la végétation mais le champ qui la borde est labouré. On ne sait jamais! un tour s'impose. Très rapidement, nous decelons qqs trace d'ammonites, petites mais dégagées sur une face, l'autre dans la gangue : elles sont superbes et attribuables au genre Pleuroceras ( spinatum?) du "banc de roc" présent dans la région. A noter également qqs rares quartz  et au fond du champ, les restes d'un four à chaux en bon état .

D'autres carrières portées sur la carte n'étant plus visibles, nous remontons au nord vers des secteurs à Bajocien : AUDRIEU, DUCY, CARCAGNY mais l'état des cultures nous prive de recherches; direction donc BAYEUX , stratotype de l'étage et SULLY où un groupe de paléontologues italiens a creusé une excavation l'an passé pour étudier la stratigraphie de l'étage . Nous retrouvons assez vite l'endroit mais, tout a été rebouché et il ne reste rien de valable. Sur la route, la tenacité nous permet de retrouver la carrière que nous cherchions précédemment :ST VIGOR ; un front de taille est encore visible dans un champ et les labours nous livrent qqs ammonites caractéristiques : oppelia, nautile, vermisphinctes etc...Comme il nous reste un peu de temps, nous remontons vers ARROMANCHES et ASNELLES/MER où, selon certains, nous devrions trouver une carrière; un chemin de terre, noyé et creusé d'ornières nous mène assez rapidement à cette carrière transformée en moto cross et déjà envahie de dépots divers. La carte indique à cet endroit les argiles de Port en Bessin mais elle est suffisamment profonde pour atteindre les couches  bajociennes qui sont ici condensées .

 

Une bauge creusée par de précédents fouilleurs montrent des restes d'ammonites ( Parkinsonia) de belles tailles entièremant calcifiées ; une journée entière sur le site et du gros matériel devraient permettre une révolte intéressante mais nous n'avons ni le temps ni les outils nécessaires pour le faire ( nous nous promettons de ne pas tarder à revenir)

La journée bien remplie, nous gagnons notre gite, le deuxième F1 de Caen : décrassage  et achats de burins neufs pour le lendemain

 

En ce dimanche, le temps est plutot maussade; la minéralogie est à l'ordre du jour et nous prenons la route de Cherbourg vers MONTEBOURG , carrière repérée lors d'une précédente sortie. L' itinéraire semble évident mais les indications sur les petites routes font défaut et il nous faudra quelque temps avant d'arriver à bon port. Du bord de la route, la carrière ne laisse voir que des tas de gravillons et la piste que nous suivons nous permet bientot de constater l'immensité de cette carrière exploitée sur 3 niveaux ; des blocs de quarzite énormes bordent la piste mais ne montrent aucune cristallisation; les sortants de la toussaint  se dirigent immédiatement au fond de la carrière où un filon plus argileux avait livré qqs petites pièces de barytine; sur le plateau supérieur, on retrouve le filon mince dans un environnement faillé et instable qu'il faut purger; bientot, tous les sortants se retrouvent là . Par endroits, le filon s'élargit et permet d'extraire qqs petites plaques cristallisées: la barytine cristallise en tablettes brunes avec une ou deux faces givrées blanches du plus bel effet, ressemblant aux cristaux qu'on pouvait trouver à Laize; certaines plaques, plus larges sont couvertes de cristaux avoisinant le cm . On peut également trouver qqs petites plaques de quartz limpides ou fumés mais beaucoup plus rares. Il est étonnant de constater la présence d'un seul filon dans une aussi vaste carrière : nous avons prospecté un peu partout tous les étages sans trouver son semblable !!

 

Le deuxième site prévu pour ce jour sera la carrière cousine de LA PERNELLE car celle de BEAUBIGNY précédemment programmée ( fossiles et calcite) est trop éloignée et le temps désagréable. Nous avions déjà visité cette carrière auparavant; elle est bien moins vaste que la précédente et entame le plateau silicifié: la roche est très dure mais parfois des filons de barytine surmontée de quartz livrent des pièces sympathiques mais ce n'est pas le cas aujourd'hui .

 

Frigorifiés, nous prenons la route du retour sur laquelle au fil des km, nous verrons la neige apparaitre et un flot de voitures rentrer sur la capitale; la prudence est de mise et à 19h nous étions à bon port .



26/02/2015
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